Réussir sa deuxième rentrée !

Réussir sa deuxième rentrée !

C’est la rentrée … chez nos chers médecins aussi !!

La rentrée universitaire est un moment très attendu. Motivation et appréhension se mêlent tout en harmonie pour accompagner cette reprise universitaire de nos chers futurs médecins. Avant même d’entamer l’année, les rumeurs tendent à circuler. Les détails concernant chaque module, chaque TP et stage diffusent et l’anxiété s’installe bien avant l’heure. Toutefois, rien ne viendrait gâcher ce moment, cet instant qui marque le début d’un nouveau chapitre, un pas de plus qui vous rapproche du jour où vous aurez la toque sur la tête et votre diplôme de doctorat en médecine entre les mains. Ça avance doucement, douloureusement, mais surement et tant mieux.

Sauf que cette rentrée n’est pas toujours de tout plaisir. Pour certains, elle réveille une douleur qui a été difficilement calmée pendant ces longues journées d’été, une plaie qui commençait tout juste à cicatriser, un cœur endeuillé qui essayait vainement de se libérer de l’emprise de l’échec. Ils sont là, un peu malgré eux parce qu’il le faut, essayant tant bien que mal de fuir les regards inquisiteurs, combattant au fond d’eux le douloureux sentiment de non-appartenance même si chaque détail de cette rentrée rappelle un souvenir déjà vécu : même amphi, mêmes profs, mêmes stages, mêmes listes, mêmes salles de TP, même emploi du temps, mêmes polycopiés… Enfin, rien n’a changé sauf les visages des camarades de promo.

Ceux qui font leur rentrée sans avoir changé de niveau sont de plus en plus nombreux en médecine et il va sans dire à quel point ils en souffrent. Ceci dit, il est important de rappeler à la communauté des « redoublants » qu’il n’y a vraiment pas de quoi avoir honte surtout quand la responsabilité du système des études est aussi engagée dans leur échec et que le fait de redoubler une année n’est pas une fatalité ni un drame en soi. Au contraire, cela pourrait avoir des avantages cachés qui, si intelligemment exploités, peuvent booster l’étudiant et l’aider à mieux réussir son année et sa formation médicale. En voici quelques exemples:

 

1- Quand on refait l’année, on aura déjà acquis toutes les informations pratiques sur le déroulement des cours et des stages, non pas sur la base des dires des plus anciens, qui varient selon les perceptions de chacun, mais plutôt sur la base d’une expérience et d’un vécu propres. Cela représente un avantage non-négligeable pour la gestion de l’année, comme par exemple les cours à ne pas rater, les stages où il faut se préparer à l’avance, les polycopiés à refaire, les modules à ne pas sous-estimer…etc.

 

2- Quand on refait l’année, les efforts fournis dans l’apprentissage des cours n’est jamais perdu et représente une base solide qui facilitera les révisions par la suite. Quand toute la promo découvrira les nouveaux modules, vous ne commencerez pas à zéro et pourriez ainsi gagner du temps en préparations pour mieux vous focaliser sur les modules les plus longs ou les plus difficiles. Au lieu de 3 semaines de préparations pour tout le monde, vous en aurez 6 et ce sera super utile.

 

3- Quand on refait l’année, on connait très bien les terrains de stage, les habitudes du personnel, les résidents les plus généreux, les profs les plus sympathiques, les règles à ne pas transgresser pour un passage en paix, les stratégies pour mieux profiter de la visite, les coins où chercher du matériel, l’examen clinique spécifique pour réussir son observation…etc. Ainsi, on a un énorme avantage sur le reste du petit groupe, fait de simples débutants dans ce service spécifique que vous connaissez sur le bout des doigts. Vous pouvez même faire des jaloux en répondant correctement aux questions des profs. N’essayez pas de vous cacher ou de vous faire trop discret, profitez bien de ces petits moments de gloire qui peuvent vous offrir d’autres avantages auprès des séniors, avec notamment une plus grande implication et responsabilisation. Puis si la nouvelle liste des groupes vous accorde des terrains de stage différents de ceux de l’année dernière, considérez-les comme une chance de diversifier votre formation et d’acquérir encore plus de pratique et d’expérience.

 

4- Quand on refait l’année, on a déjà ses résumés ou ses fiches de cours et on connaît par cœur les fameuses questions d’examen. Mieux encore, on a déjà une expérience réelle de l’examen et une idée très claire sur les attentes des différents profs quand ils posent leurs questions. On sait à quoi s’attendre et on peut au moins une fois, se débarrasser du stress énorme qui s’exacerbe de façon proportionnelle avec le nombre d’inconnus dans l’équation des examens. On peut tester une nouvelle méthode de travail, ou adapter l’ancienne aux exigences de l’année.

5- Quand on refait l’année, on peut très bien guider les autres qui arrivent dans ce niveau, un peu perdus et trop stressés. Vous pouvez proposer vos conseils inestimables et vous faire ainsi de nouvelles connaissances, de nouvelles amitiés et surtout élargir votre réseau de contact entre deux promotions ce qui serait un très bon atout pour le futur.

 

6- Quand on survit a son redoublement d’année en médecine, où quasiment tous les étudiants ne sont pas habitués à l’échec, on peut être sûr d’avoir gagné le gros lot, car vous serez à jamais débarrassé de votre peur d’échouer qui peut être paralysante des fois et qui n’aide pas forcément à avancer, ni à prendre des risques. Oui vous avez redoublé un an, et le monde ne s’est finalement pas écroulé autour de vous, bien au contraire cette expérience vous aura renforcé, muri, aidé à mieux exceller et surtout vous aurez appris qu’il ne faut jamais rien lâcher et qu’un an de plus dans le long parcours des études médicales ne change pas grand chose en terme de durée mais, si bien exploité, peut apporter gros en terme d’expérience et de maturité.

 

Finalement il ne me reste plus qu’à vous dire : Très bonne rentrée à toutes et à tous. Armez vous de courage, d’espoir et de volonté et vous verrez que ça finira certainement par payer !!

Pr Maryam Fourtassi